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Hermann Rupf, devant la peinture de Fernand Léger Les feuilles vertes (Nature morte, 1927)
Photo : © Kurt Blum / Fotostiftung Schweiz

L'Exposition

11 novembre 2016 – 23 avril 2017

Hermann et Margrit Rupf furent les premiers collectionneurs suisses à centrer leurs efforts sur l’art abstrait et contemporain, en se laissant guider par leur seul instinct personnel. La Fondation Rupf naquit en 1954 pour la conservation, la consolidation et l’expansion de ces fonds, qui furent déposés au Kunstmuseum Bern au début des années 1960. Afin de garantir les acquisitions futures, Hermann et Margrit Rupf cédèrent aussi le reste de leur patrimoine à la Fondation, qui s’occupe de l’art contemporain le plus récent sans perdre de vue le noyau qui configure la magnifique Collection amassée par le couple.

Cette exposition rassemble un total de 70 pièces de la Collection Rupf, parmi lesquelles figurent des œuvres d’artistes majeurs de l’histoire de l’art de la première moitié du XXe siècle, comme Picasso, Georges Braque, Juan Gris, Fernand Léger, Paul Klee ou Vassily Kandinsky, en dialogue avec des créations d’artistes contemporains dont la production parcourt la période qui va depuis la seconde moitié du XXe siècle jusqu’à nos jours.

Salle 305

Dans cette salle sont rassemblées plusieurs des premières toiles acquises par Hermann Rupf entre 1907 et 1908 dans la galerie parisienne de son ami Daniel-Henry Kahnweiler. Tous deux avaient étudié au Commerz- und Disconto-Bank de Francfort. Kahnweiler poursuivit ensuite sa formation à Paris, entre 1902 et 1904, en tant que courtier en bourse, tandis que Rupf commença à travailler dans l’entreprise Jacques Meyer Fils & Cie (aujourd’hui Galeries Lafayette). L’intérêt pour la littérature et la musique rapprocha dès le début les deux hommes, qui assistaient ensemble à des spectacles de théâtre et à des concerts et passaient de longs moments au Louvre et dans les expositions des divers salons, fascinés aussi bien par l’art classique que le moderne. Après un nouveau séjour à l’étranger, à Londres cette fois, Rupf revint à Berne sa ville natale, en 1905, pour entrer dans l’entreprise de mercerie et passementerie de son beau-frère Ruedi Hossmann, avec qui il s’associa en 1908 — « Hossmann & Rupf » — et épousa en 1910 Margrit Wirz.

Rupf se laissa guider par son instinct pour choisir les œuvres de sa Collection, même si son ami Kahnweiler, en tant que marchand d’art, joua un rôle fondamental dans la configuration de ces fonds. À travers sa galerie, Rupf fit l’acquisition de plusieurs ensembles importants d’œuvres de Fernand Léger, de Juan Gris puis d’André Masson. Comme l’attestent les près de 800 lettres conservées, Rupf et Kahnweiler entretinrent une étroite amitié toute leur vie durant.

À l’occasion de ses déplacements à Paris pour acquérir des accessoires de mode pour son entreprise, Rupf en profitait pour rejoindre Kahnweiler à sa galerie et l’accompagnait parfois dans ses visites à des artistes. Dès 1907, Rupf commença à acheter des œuvres de Pablo Picasso et de Georges Braque, et aussi d’artistes fauvistes comme Othon Friesz ou André Derain. Sa collection ne cessa de s’amplifier jusqu’à la Première Guerre Mondiale, formant un ensemble de près de trente pièces triées sur le volet, pour la plupart cubistes.

L’installation de Florian Slotawa, les Socles de Berne (Berner Sockel, 2010), que l’on peut voir dans cette salle, mérite une mention spéciale. L’artiste analysa dans le détail la Collection et son histoire et choisit quatre sculptures — de Hans Arp, Max Fueter, Henri Laurens et Ewald Mataré — pour créer une nouvelle œuvre. Slotawa imagina un socle à partir de meubles qui avaient appartenu au couple Rupf, pour chacune des quatre pièces représentatives de la Collection.

Salle 306

Dans les années qui suivirent la fin de la Première Guerre Mondiale, Hermann et Margrit Rupf purent continuer à alimenter leur Collection et incorporèrent au début des années 1920 les dernières œuvres de Georges Braque, André Derain, Juan Gris, Henri Laurens, Fernand Léger, Paul Klee et Louis Moillet. Comme à l’époque précédant le conflit, il n’y a presque pas de différence durant cette période non plus entre la date de création des œuvres et le moment de leur acquisition par le couple.

Kahnweiler ne parvint pas à conserver dans sa galerie tous les artistes avec qui il avait collaboré avant la guerre. Mais il ne tarda pas à se lier avec de nouveaux auteurs, comme Paul Klee, dont il assuma la représentation à l’étranger en 1933, grâce à la médiation de Rupf.

On peut observer dans cette salle l’évolution artistique de Gris entre 1913 et 1925 et confronter sa production à l’œuvre de Picasso de 1913, Violon accroché au mur. La distribution des pièces permet par ailleurs d’établir des associations avec d’autres artistes, comme Fernand Léger, dont on peut voir l’œuvre Contrastes de formes, également de 1913, ou Henri Laurens, dont les œuvres présentées dans l’exposition illustrent une partie de l’évolution de sa période sculpturale, depuis ses débuts cubistes jusqu’à son travail avec des formes volumineuses et la figure féminine.

Dans ce voyage qui nous emmène tout au long de l’art du XXe siècle, la sculpture abstraite en aluminium Sans titre, nº85–065 (1985), montée sur le mur, appartient pour sa part à une série d’œuvres modulaires aux couleurs vives réalisée par Donald Judd entre 1983 et 1990. Dans ces modules, de même hauteur, profondeur et largeur, l’artiste s’attacha expressément à éviter des combinaisons de couleurs « harmonieuses » ou « dissonantes ».

Salle 307

Hermann et Margrit Rupf entretinrent une étroite amitié avec le couple formé par Paul et Lily Klee et commencèrent à acheter régulièrement des œuvres de l’artiste à partir de 1913. Après la fermeture du Bauhaus de Dessau, où il enseignait, Klee, considéré par les nazis comme un « peintre dégénéré », revint s’installer à Berne.

Les Rupf furent les mécènes de nombreux autres artistes mais aussi de scientifiques et de musiciens qui vivaient à Berne. Hermann Rupf fut un critique d’art actif et joua un rôle majeur dans l’éveil du goût du public à l’art contemporain. Entre 1909 et 1931, il écrivit des critiques pour l’hebdomadaire social-démocrate Berner Tagwacht contre la politique culturelle conservatrice de l’époque et réclama une meilleure compréhension pour l’art contemporain.

Grâce à sa relation avec Klee, le couple Rupf entra aussi en contact au début des années 1930 avec Vassily Kandinsky et son épouse, Nina. Dans les années suivantes, une étroite amitié se forgea entre les deux couples, que Nina Kandinsky continua de cultiver après la mort de son époux, survenue en 1944. Les seize œuvres de Kandinsky furent incorporées, non sans difficulté, à la Collection Rupf. Six d’entre elles sont présentes dans cette exposition. Une seulement de ces œuvres, Tension tranquille (Tension légère), acquise l’année même de son exécution, fut achetée durant la vie de l’artiste. Les créations de Kandinsky réunies dans cette exposition datent de la période comprise en 1916 et 1940, depuis le retour temporaire de l’artiste en Russie jusqu’à son œuvre plus tardive réalisée à Paris.

L’exposition se complète et s’achève sur des pièces d’artistes comme Hans Arp, Meret Oppenheim, Lucio Fontana ou le groupe Zéro. Les œuvres de cette salle ont été choisies pour montrer que la Collection Rupf ne fut jamais conçue comme une entité fermée mais plutôt comme un ensemble qui devait continuer à évoluer au fil du temps, en prolongement des fonds originaux, comme le montre la préférence incontestée que le couple manifesta depuis le début pour la tradition de l’art constructiviste et conceptuel.

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